Un débat public sur les rythmes SVP !

   Le bien-être  des enfants, et donc l’efficience du temps passé à l’école,  tel est le sujet de ce texte très bien documenté de Claire LECONTE, chronobiologiste qui reprend les travaux de notre ami regretté Guy VERMEIL qui a passé sa vie à se battre pour la cause des enfants.

Le nouveau Ministre et les chantiers en cours !!!

     Le nouveau Ministre de l’Education Nationale vient à peine de prendre ses fonctions que déjà, nombre de questions taraudent celles et ceux qui s’intéressent au devenir de l’école. Les rythmes scolaires tout d’abord ; déjà les maires de l’opposition, fraîchement élus, font entendre leur différence. Comment, dans ces conditions, préserver ce qui a été difficilement acquis par son prédecesseur ? Le décret sera-t-il revu, réécrit ? Le débat est ouvert. Mais  c’est sur le terrain budgétaire que le nouveau Ministre est attendu ! 

    Comment concilier en effet le pacte de responsabilité et la maintien du budget de l’éducation nationale ? Enterrera-t-il la promesse de création des 60 000 postes pourtant promis par Monsieur le Président de la République ? La réforme des programmes, en cours d’élaboration, pourrait permettre un rééquilibrage des moyens entre le primaire et le secondaire mais, là encore, les obstacles seront nombreux et les oppositions farouches !

      Dans ce contexte, le numérique aura-t-il encore un avenir ?  Le plan lancé par Vincent PEILLON était lié à diverses sources de financement : Europe, collectivités locales. Comment mettre en oeuvre ce projet novateur, ambitieux, alors que des efforts d’économie sont demandés à tous les acteurs ?

      La refondation de l’école sera-t-elle remise en cause? Elle était nécessaire,  cohérente, ouvrait de nouveaux horizons, fixait un cap. Qu’en est-il aujourd’hui aprés la démission du gouvernement ? Qui est capable de relever le défi, de proposer une nouvelle vision pour notre Ecole ? Alors que le modèle actuel semble satisfaire grandement à la fois ceux qui la dirigent et la frange de la population la plus influente, nous avons toutes les raisons d’être inquiets. « 

  » Vincent PEILLON a un bon bilan, bonne chance à celui qui lui succèdera  » disait il y a quelques semaines, le nouveau Ministre Benoît HAMON. Il en aura besoin !!! ….

 

Bruits et grincements de dents à l’école ….

Le prologue de Patrick FIGEAC est sur Radio4  dans l’émission Parole , le mercredi de 10 à 11h.

ET   ICI         Bruit et grincement de dents à l’école

         » Dés 2009, un rapport de l’Inspection générale soulignait le rôle néfaste de la semaine des 4 jours. Les syndicats demandaient alors « une remise à plat » des rythmes tout en reconnaissant les conséquences qu’un tel changement pouvait entraîner à la fois sur la vie des familles, sur le fonctionnement des municipalités et des associations qui oeuvrent sur le temps péri-scolaire.

       Aujourd’hui, la réforme des rythmes est actée. Les enseignants sont divisés, les élus s’interrogent sur la faisabilité d’un tel chantier, les parents sont, pour la plupart, perplexes. Tous les acteurs s’appuient sur l’intérêt de l’enfant mais, divergent sur la manière de le satisfaire.Difficile dans ces conditions de savoir qui a raison ou tort. Les arguments avancés par chacun des protagonistes sont parfois violents et suscitent dans l’opinion publique étonnement, solidarité ou indignation.

        Ces différents points de vue s’appuient sur les réalités locales et les possibilités offertes pour la mise en oeuvre de ce projet. Mais, un tel changement est-il possible dans cette cacophonie ambiante? Ecouter, comprendre les motivations de chacune des parties, camper sur ses positions ne suffit pas. Comment faire bouger les lignes sur un sujet aussi complexe qui réveille tant de passion, tant d’émotion?

         C’est au niveau local que semble résider la solution, reste à mettre en cohérence les divers acteurs qui gravitent autour de l’école. Tâche ardue pour Monsieur le Ministre !!! Mais,au fait, l’entrée par les rythmes était-elle la meilleure pour refonder, transformer le système éducatif ? « 

Une occasion manquée !!!

  Ecoutez ici le prologue de Patrick FIGEAC :

☛ Une occasion manquée ?!! ….

et là, consultez son blog sur  l’ école au coeur de la société

Une occasion manquée???

      La refondation de l’Ecole s’est focalisée surtout sur la réforme des rythmes scolaires alors, qu’initialement, elle devait se concentrer sur la pédagogie et les contenus d’enseignement. Qui peut croire désormais que la diminution de 30 minutes de cours est de nature à régler la question de l’échec scolaire dés le primaire?

     Obliger les communes à développer les activités péri-scolaires est un pari risqué. En effet, comment le gouvernement parviendra-t-il à justifier un soutien aux collectivités locales alors que le salaire des enseignants stagne depuis des années? Ne risque-t-il pas, au contraire, d’ exacerber la compétition entre les différents acteurs qui se mobilisent autour de la jeunesse?

     La principale victime de la querelle des rythmes scolaires est bien la décentralisation. La totalité des pays développés a décentralisé le système éducatif et a su trouver un juste équilibre entre l’Etat et le local. Pas la France où l’enchevêtrement des compétences laisse, au final, la prise de décision  … au niveau national ! …

    Ce qu’a mis en évidence la question des rythmes scolaires, c’est que les acteurs de l’Ecole ne sont pas prêts à une véritable décentralisation !! …

cliquez i☚ci  pour   connaître le calendrier de la mise en oeuvre de la réforme « 4jours-et demi, »

QUELS RYTHMES POUR QUELLE ÉCOLE ?

Un article sur les rythmes …

de Patrick FIGEAC,

Quels rythmes pour quelle école ?

Exposé de Patrick Figeac               (2010)

« Nous sommes des êtres de rythmes. ! ».Le terme de « rythmes scolaires » pour l’enfant est inadéquat et n’a pas la même signification selon qu’il est employé par les parents, les décideurs ou les scientifiques…

 Quels rythmes doivent  primer : ceux de l’Enfant ou ceux de la Société (représentée par les Adultes) ?

Depuis le début de l’école obligatoire, l’intérêt des adultes a été prioritaire :

* les grandes vacances : elles ont été instituées (de juillet à octobre) pour le travail des champs… Elles sont toujours là (même un peu raccourcies), sans aucun fondement scientifique sur leur utilité.

* la coupure hebdomadaire (du jeudi d’abord puis du mercredi) : exigée par le clergé. Elle est toujours là et pourtant la pratique religieuse est tombée en désuétude!

* les congés d’hiver institués après les Jeux Olympiques de Grenoble en 1968 (il fallait bien

Il faut les équilibrer ! L’enfant a besoin de jouer, de bouger, de dormir, d’apprendre, de rêver….

En l’espace de 20 ans, en moyenne, les enfants ont perdu 1h 30 de sommeil par jour.

Nous n’avons pas tous le même rythme circadien (journalier)  qui fluctue avec l’âge, avec les conditions de vie, de travail. Ce sont les élèves les plus en difficulté qui sont les plus dépendants des rythmes, en particulier pour le démarrage de la journée.

Et pourtant on impose la même durée scolaire pour des élèves de maternelle (3 ans) et de primaire (10 ans) !

Si l’on respectait les rythmes des enfants (suivant en cela les travaux des chronobiologistes) on ne leur proposerait un travail intellectuel qu’entre 9h30 et 11h30 et 14h30 et 15h30/16h.

La neurophysiologie nous apprend que notre cerveau a besoin de faire des pauses structurantes régulières. Apprendre nécessite une fluctauation de nos états de conscience. Qui s’en préoccupe aujourd’hui?

« Dormir, rêver, c’est préparer demain en ayant compris et intégré hier. » Jacques Revel

Henry Poulizac nous rappelle que le sommeil est très important pour l’enfant surtout dans deux de ses phases : le sommeil profond pendant lequel l’organisme sécrète l’hormone de croissance

et les phases de rêves, le sommeil paradoxal (ceux du début de nuit consolident, renforcent et structurent les apprentissages, ceux fin de nuit sont plus liés à l’affectivité). La diminution de ces plages de rêve provoque l’apathie, la nervosité ou le stress.

Le temps de sommeil a un lien direct avec la performance scolaire.

D’où la nécessité d’informer les parents sur la nécessité de ces temps essentiels à notre vie psychique . Mais ce n’est pas un temps standard pour tous ; il faut observer l’enfant et sa durée de sommeil pendant les vacances (où il suit vraiment son rythme propre) pour connaître ses vrais besoins. La sieste ne compense pas la nuit…

Répartition du travail sur la semaine

François Testut et Georges Fotinos pensent que le système de 4 journées « sèches » est catastrophique.

Si, pendant les coupures (mercredi – samedi), l’enfant participe à des activités post et périscolaires, ses performances ne fluctuent guère.

Mais la coupure des deux jours du week-end provoque une désynchronisation des rythmes et lorsqu’elle est installée il est très difficile de retrouver un équilibre journalier.

Il faudrait diminuer le temps de travail de la journée et différencier la durée de présence en classe selon les âges.

Le plan Langevin-Wallon proposait une telle différenciation :

2h pour les 5/7 ans — 3h pour les 8/10 ans – 4h pour les 11/13 ans avec un maximum de 5h.

Répartition du travail sur l’année

Le rythme de 7 semaines de travail et 2 semaines de repos est imposé aux travailleurs des plate-formes pétrolières. Convient-il vraiment temps scolaire ?

En fait, les observations montrent que la période février – mars est une période « dangereuse » : le nombre d’infarctus et de maladies infantiles est beaucoup plus élevé que pour le reste de l’année. La fatigue est au maximum à cette période (moins de soleil…). Le temps des grandes vacances (2 mois) devrait être en hiver !

Il faudrait donc envisager une organisation de l’année très différente (l’idéal étant 2h de travail par jour pendant 365 jours !!!).

Sans aller jusque là, un rythme de 5 semaines de travail et 2 semaines de repos, sur toute l’année serait nettement plus adapté à nos besoins physiologiques. Est-ce possible ?

Une expérience a été menée à Fumel, à l’école Jean Jaurès entre 1989 et 1993 : enseignants – parents – municipalité – inspection départementale ont travaillé ensemble pour améliorer certains points :

[des élèves étaient accueillis très tôt – surtout des élèves de Clis]

des parents se sont organisés pour aménager la salle d’accueil et favoriser des activités calmes (lire, se reposer…)

[beaucoup d’enfants mal réveillés, ne prenaient pas de petit déjeuner et leurs performances scolaires s’en ressentaient; déficit d’attention, de mémorisation]

des agents de service ont été mis à disposition pour servir des petits-déjeuners offerts par les grandes surfaces commerciales.

[les repas étaient pris dans une ambiance sonore trop forte – 100 à 120 décibels – et le système nerveux soumis à un tel bruit pendant 40 ‘ met 2h avant de retrouver son équilibre initial]

les parents ont trouvé une réponse : venir manger avec les enfants. Et ils ont remarqué que le lavage des mains (avant) et des dents (après) était négligé ; que les serviettes ne servaient pas…

un système de « partenariat » a été mis en place avec les plus grands.

« Une matinée sans cartable » a été instituée avec les associations sportives et les parents pour proposer des activités complémentaires.

Autant d’initiatives qui ont montré qu’il était possible de mettre en oeuvre « une autre manière d’aborder le temps scolaire.

Conclusion :

Les rythmes sont un cadre  de travAil: comment le remplir en tenant compte du besoin des enfants ?

Guy Vermeil : Les rythmes sont essentiels à notre santé physique et mentale, mais il faut aussi se préoccuper de la manière dont l’enfant mémorise et acquiert des connaissances.

Une réflexion sur les rythmes engage aussi une remise en cause de nos propres pratiques pédagogiques. Sommes-nous prêts à l’engager Ceci est une autre histoire !

Patrick FIGEAC

 

en 2011 :  Et  LES RYTHMES scolaires ? ….Où en est-on ?  (agir✉blog)