Recruter à Bac+5 les enseignants est une erreur !

       Comment en est-on arrivé à recruter des profs avec 4 de moyenne au concours ? Les réponses de François Dubet, sociologue de l’éducation, qui propose un recrutement à bac+1 puis une formation jusqu’à bac+5.

Le bac est-il condamné ?

       En deux ou trois décennies, le bac est devenu un des objets cultes du folklore national. Son organisation d’abord : opération annuelle à grande échelle, mise au point de sujets nationaux entourés d’un secret bien gardé, chasse aux « fuites », à la fraude. Accompagnement télévisuel ensuite, reportages d’envoyés spéciaux, conseils en tout genre aux candidats, en matière d’alimentation, de pharmacopée, interventions « d’experts », corrigés des épreuves par quelque philosophe ou académicien patenté, comparaisons en pourcentage sur les « crus » des dernières années. Et enfin, scènes de liesse populaire à l’affichage des résultats !!

     Reconnaissons qu’aujourd’hui le bac ne qualifie à rien, à l’exception des bacs professionnels, mais en être privé disqualifie pour presque tout. Continuer la lecture

Bac des riches, bac des pauvres!!!

Les prologues de Patrick FIGEAC sont sur radio4, et aussi sur son blog ☟Agir

        Aprés la publication des résultats du baccalauréat, beaucoup de questions subsistent mais les réponses restent en suspens.

– Le bac général avec ses 92% de réussite est devenu un diplôme de fin d’études. Mais, il est à craindre que la sélection s’effectue désormais plus tard, à l’université par le biais du recours à la mention, des examens d’entrée ou pire, par l’argent, avec le barème des droits d’inscription différents selon les régions et selon les filières.

– A l’inverse, les résultats au bac professionnel stagnent (78%) et les échecs répétés pendant des années risquent d’avoir des conséquences sur l’attrait de certaines filières. Au fond, le bac pro 3 ans se justifiait-il vraiment? Cette réforme n’avait-elle pas d’autre finalité que de faire de substantielles économies budgétaires?

– Ce qui choque à la lecture des résultats, outre la disparité des réussites, c’est la hiérarchisation sociale des différents baccalauréats. Les classes favorisées optent pour les filières générales, l’examen est une simple formalité, l’enjeu étant la mention, césame qui permet une orientation choisie. A l’inverse, les enfants des classes populaires vont souvent vers les bacs professionnels, devenus pour la circonstance un objectif qui limite les ambitions des jeunes. Où est la démocratisation de l’enseignement?

– Les 80% de bacheliers d’une génération était un objectif que nous pensions presque avoir atteint en 2012 avec 78% de réussite. Nous sommes redescendus à 73%. Il y a urgence à réfléchir à l’avenir de la voie professionnelle et à repenser sérieusement l’accés à la voie générale.