Parabole des temps modernes

Dimanche 18 Mars 2012

Conte philosophique selon Philippe DERUDDER

        Il était une fois un paysan qui avait acheté à crédit une terre à l’orée de son village. Tout le monde était ravi car depuis son installation les villageois avaient accès à une nourriture variée, saine, fraîche avec le plaisir supplémentaire de développer des liens avec leurs voisins lorsqu’il allaient faire leurs  courses dans la grange que la femme du paysan avait transformé en magasi, et le sentiment de contribuer à prendre soin de la terre, parceque tout était bio et que la nourriture n’avait que quelques centaines de mètres à parcourir pour arriver dans l’assiette.

Mais le paysan n’avait pas fait attention à une chose : il avait accepté un taux d’intérêt révisable. La conjoncture générale fit que le taux tripla, qu’il ne parvint plus à faire face et que la banque saisit sa terre.  Crise dans le village !

Crise ? Mais pourquoi donc ? La terre est-elle devenue inculte ? Le paysan incompétent ? Les besoins de la population inexistants ? Non, tout est toujours là, je veux dire la VRAIE richesse. Mais tout s’arrête à cause des règles du jeu que quelques-uns décident sur la virtualité qu’est la monnaie. c’est tout simplement absurde, suicidaire, parfois meurtrier  !

C’est dans cette situation qu’est empêtrée l’Europe …

       On est peut-être l’espace le plus riche au monde, tant par nos histoires, nos patrimoines, nos infrastructures, la beauté et la fertilité de nos terres, un immense espace maritime, des savoirs faire  dans tous les domaines, et nous tombons à la vitesse grand V à un niveau qui va nous faire ressembler aux pays pauvres … Que nous avons contribué à appauvrir !!

 » Il ne peut y avoir crise que s’il y a des besoins essentiels à satisfaire et qu’on ne peut pas y répondre par manque de connaissance, de technique, de ressources humaines ou de compétences ! <est-ce le cas pour l’Europe ? NON ! Alors l’Europe n’est pas en crise, qu’on se le dise ! « 

Il ne s’agit pas de savoir comment sortir de la crise, mais comment sortir de la bêtise qui l’a crée !

         L’argent par nature n’est pas la richesse mais la représentation de la richesse existante pour permettre l’échange. L’argent par nature ne peut manquer que si la vraie richesse existe ou, s’il manque, c’est que le système monétaire est mal conçu. Mais la pensée humaine est tordue au point de vouloir faire rentrer la vie entière dans la logique monétaire au lieu d’adapter le système monétaire à ce qu’exige et exprime la vie. la voiture est en panne, mais au lieu de la réparer, on met le conducteur en prison. L’être humain a manifestement un côté génial, nous en avons la preuve au travers de ses réalisations, mais quand il se met à être bête (pardon pour la grossièreté mais c’est déjà trop faible, alors là, il fait dans le sublime !!

           La bêtise actuellement conduit le monde ! Nous laisserons-nous dominer par elle ?     Cette folie doit cesser !

         Nous ne pouvons pas attendre le changement de la part de nos dirigeants qui manifestement sont enfermés dans la logique financière. A nous de faire le choix de l’intelligence du coeur. Puisque le système monétaire en place asservit et tue, lançons des systèmes qui libèrent grâce aux  monnaies complémentaires. Non seulement les pays les plus touchés par la crise (injustifiée) trouveront le moyen de ne pas se laisser broyer, mais en plus nous nous offrirons une expérience où nous pourrons nous redresser dans notre puissance et lancer les bases d’une économie au service de la vie !!…

L’HUMANITÉ EST INVITÉE À INVENTER L’AVENIR !…

Billet le 10 Mars 2012

         La crise nous obligerait-elle à penser l’avenir autrement ? Plus que jamais, nous sommes dans une véritable impasse. Ce n’est pas la première fois que nous sommes dans cette situation. Mais, du fait de la mondialisation, c’est  la première fois que cette impasse est généralisée.

      C’est l’humanité toute entière qui est invitée à se concerter pour imaginer l’avenir. Ce qui se passe est sans précédent dans l’histoire. Tout est parti de l’idée que l’homme pouvait bouleverser le cours de l’histoire. Il a voulu s’élever au rang d’un démiurge ! Mais notre conscience collective n’a pas atteint le niveau de lucidité suffisant pour voir l’étendue du désastre … Nous vivons encore dans l’illusion selon laquelle l’être humain va redresser la situation.

Politiquement, nous faisons de l’acharnement thérapeutique sur un modèle moribond.         Il est dans ce état parcequ’il est en dissonance et en contradiction avec les lois fondamentales de la vie. Nous espérons toujours remettre sur les rails le système que nous avons élaboré, mais ce n’est pas possible. Nous appartenons à la terre, le fait d’être doté d’une pensée pour le meilleur et pour le pire nous donne une spécificité, source d’angoisse ou de libération. Nous avons laissé l’angoisse prendre le dessus parce que nous avons peur de la vie et de la mort et d’une planète  » paradis « , nous avons fait un enfer. Le modèle que l’on disait triomphant est en train de se déliter lamentablement. La peur du lendemain ne cesse de grandir. Nous nous rendons compte que nous sommes très, très faibles. Alors nous bombons le torse avec nos innovations, nos machines …

Nous sommes sur une pyramide de milliards mais ce n’est pas celà qui nous rend plus heureux. Le bonheur, la joie ne s’achètent pas. Heureusement. le drame du monde moderne, c’est que l’indispensable n’est pas garanti et que le superflu n’a pas de limite !

Qu’est-ce qui ruine la planète ? Ce n’est certainement pas la nécessité !                       Pourquoi donne -t-on tant de valeur aux diamants, à l’or ? C’est infantile …

Tant que nous continuerons à donner à l’argent plus d’importance qu’au destin collectif et à la nature, nous resterons dans ces niaiseries. La gouvernance du monde n’est pas en phase avec les réalités de l’Histoire. Nous avons  l’impression que nous entretenons coûte que coûte un modèle en train de mourir. Heureusement, il y a les réactions de la vie.   La vie réagit de différentes manières. Dans la nature, elle peut mettre en place des stratégies extraordinaires pour assurer son maintien. Ainsi, prenez une graine de tomate, regardez-la bien, réfléchissez … Dans cette simple graine, il y a des tonnes de tomates . C’est prodigieux ! Comment peut-on justifier l’existence de la faim dans le monde ?!

       La situation actuelle a provoqué une créativité incroyable. Le monde de demain est en gestation. Au lieu de dire : ce sont des marginaux, il faut que ceux qui détiennent l’autorité considèrent enfin que ce sont eux les créateurs et non pas les modèles asservis à l’argent.

la 3me révolution industrielle de Jérémy Rifkin

           C’est la hausse culminante du baril pétrolier en Juillet 2008, qui marque l’avènement d’une nouvelle ère pour l’évolution de l’humanité, dont 95% du temps d’existence sur notre planète se fit selon une économie de chasseur-cueilleur-agriculteur…

Cet interview de Jérémy Rifkin, sur France Inter (5me encart de la page web)

éminent économiste américain  nous ouvre les perspectives d’une mutation incontournable

Le nouveau  » nouveau monde  » ?…

Voici plus de deux ans que  « les abeilles  » ont commencé à essaimer en France, donnant naissance à des initiatives de monnaies complémentaires qui sont de plus dynamisées par les collectivités locales ! ( le conseil général d’Ille et Vilaine pour n’en citer qu’un exemple…)

Ce formidable outil de lien socio-économique verra-t-il son avènement dans le département du Lot ?

Cet article : <CASTELNOTE N-5> témoigne d’une première initiative … à Castelnau Montratier.

Pour comprendre l’histoire de l’économie des échanges :

un conte médiéval

 » L’argent Dette » de Paul Grignon

un Zoom historique sur la valeur de la monnaie, désindexée de l’or …

Pour approfondir :

L’argent Dette 2 : promesses chimériques …

Les billets d’humeur 2012

Billet d’humeur, le 3 Mars 2012

Fantasme de l’islam !!

        C’est une campagne électorale saignante qui aura tourné une semaine autour de la viande, juste de la viande, mais de la viande islamique que les français avaleraient à leur insu. Monsieur le Président de la République a beau affirmer que seule 2,5 de la viande est Kasher ou halal, la polémique est bel et bien lancée et sucite un enjeu de débat réel et passionné.

Aujourd’hui, tout ce qui touche à l’Islam réveille et révèle le malaise français. L’existence de musulmans français, pratiquant et assumant leur religion est devenue à la fois un fantasme et un défi. Un renvoi de la France à ce qu’elle est devenue : un pays jadis « fille ainée de l’Eglise », qui ne croit plus, ne sait plus prier, saisi par l’agnosticisme. Et voilà que ce pays découvre en son sein une partie de sa population qui croit, prie et pratique ! C’est une image négative et littéralement insupportable, d’où le déni… Pour beaucoup de nos concitoyens, l’Islam affiché et assumé est un phénomène qui contredit ce que la France croyait savoir d’elle-même. Nous pensions à tort que l’ascension sociale, l’installation durable sur notre sol irait de pair avec une assimilation, une érosion du fait religieux.

C’est tout le contraire qui semble se produire. Il y avait des immigrés, une population pauvre, discrète, marginalisée… C’était compréhensible. Et puis ces immigrés ont fait souche. Ils ont des enfants français, ces enfants sont musulmans et le montrent. Des femmes portent le voile, des mosquées se construisent. Maintenant, c’est la nourriture, ce que le corps assimile qui est touché. C’est charnel, intime, essentiel. La France a un rapport fondateur avec la cuisine, l’alimentation, la nourriture. Manger c’est être français ; si des gens mangent différemment, sont-ils français ?

Dans les discours extrémistes, il y avait la fantasme d’une invasion venue de l’étranger, par le nombre. Nous serions submergés par la masse. Là, l’ennemi est à l’intérieur. Les deux discours sont aussi faux l’un que l’autre ; il n’y a eu aucune invasion physique de la France et la viande hallal qui n’a aucun effet magique, est extrêmement minoritaire, infime dans la consommation nationale.

Malheureusement, la raison est impuissante contre le fantasme ! Mais ce qui compte, c’est que ces interprétations n’entament pas  notre capacité à vivre ensemble . Nous construisons un pays qui change sous l’effet de la présence des musulmans, il évolue. l’Islam est plutôt en progression, le christianisme plutôt sur la défensive, c’est un moment à passer ensemble. C’est la raison pour laquelle certains discours politiques délibérément cyniques, mensongers, sonr dangereux pour la cohésion nationale :

Ne nous laissons pas entraîner dans le rejet de l’ Autre !…