Sacraliser le profane, profaner le sacré …

   Une métaphore d’Olivier Clerc

     »  Imaginez deux moines côte à côté, assis les yeux fermés, une cigarette aux lèvres. De l’extérieur, rien ne les distingue. Passe l’abbé qui leur demande, chacun leur tour, ce qu’ils font. À l’écoute de leur réponse, il approuve chaleureusement le premier, tandis qu’il sermonne sévèrement le second. Le premier lui avait expliqué qu’il priait en fumant. Le second avait avoué fumer en priant. Ces deux moines semblent faire la même chose, sauf que leur centre de gravité n’est pas au même endroit, leur motivation n’est pas la même.

C’est toute la différence entre sacraliser le profane et profaner le sacré. Dans le premier cas, on infuse de la conscience dans un acte profane et, ce faisant, on le sacralise, comme ce « doctor » amérindien qui consacrait à l’Esprit divin les 4 bouffées du tabac sauvage qu’il fumait, au début d’une guérison. Dans le second, on vide de son contenu un acte sacré en soi, en l’effectuant machinalement : prières dites sans conscience, rites religieux pratiqués sans âme.

        L’esprit est dans la conscience, dans l’intention, dans la finalité, plus que dans  la forme, le rituel ou le mantra récité. Pour qui le veut, tout peut être conscientisé, spiritualisé ! « 

Bonne journée !

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