Une campagne bien pourrie !

Écouter ici :  une rupture historique

Invectives, slogans, simplifications électorales sont le lot de cette fin de campagne présidentielle. Sur le terrain, électrices et électeurs sont désemparés, désorientés, indécis… Beaucoup envisagent sérieusement de bouder les urnes, quand d’autres sont susceptibles de passer, dans le secret de l’isoloir, d’un bulletin à l’autre. En cause, l’absence de débat sur des sujets pourtant cruciaux comme la transition énergétique, la laîcité sans cesse menacée, la montée croissante des inégalités, l’Europe, l’école, la lutte contre le chômage  etc. Toutes ces impasses qui ont conduit nombre d’électeurs à détourner le regard de cette compétition électorale d ’où ils se sont sentis exclus. Aucun thème majeur n’a émergé. Rappelez-vous !! En 1995, la «fracture sociale», 2002 «l’insécurité», 2007 «l’emploi», 2012 «la finance» : autant de sujets mobilisateurs !
Cette année, nous avons parlé d’emplois fictifs, de financements occultes, du prix des costumes offerts par de généreux mécènes, d’un fantasmatique «cabinet noir » au sommet de l’état, quand ce n’était pas la main de Moscou dans d’éphémères soucis informatiques. Bref, la rumeur a remplacé l’information et la campagne a vite basculé dans la post-vérité. Sur le net et les réseaux sociaux, coups bas et fausses nouvelles ont achevé d’ériger le dénigrement en arme de destruction politique massive. Total : mensonge, trahison, avarice, paranoîa, démagogie, tricherie, reniement ont perverti  la course à l’ Elysée version 2017. Et que dire de l’inégalité médiatique à laquelle les «petits candidats» se heurtent toujours plus ? Talon d’Achille de notre société déclinant la perte de ses valeurs sous un dictat que personne n’ignore : la monnaie !!
Il n’en fallait pas davantage pour exacerber la crise civique qui ronge notre pays depuis plusieurs années au point de voir émerger le PRAF  : «plus rien à faire» ou dans sa version crue « plus rien à foutre » ! …. Les institutions de la Vme République apparaissent plus élimées que jamais, et les vieux partis qui les structuraient de part et d’autre de l’échiquier politique, à bout de souffle, se vident de leur substance. En France, comme partout en Europe occidentale, une grande lassitude s’est emparée de nos pseudos démocraties fatiguées. La colère gronde, les peuple se rebellent contre les élites qui les ont depuis trop longtemps ignorés, trompés, méprisés. La peur de l’autre, liée à celle du lendemain se conjuguent pour esquisser les contours d’horizons sombres et incertains. La mondialisation dérégulée a entraîné souffrance et frustrations surtout chez les plus fragiles, abandonnés dans des espaces périurbains. Il est urgent de donner un visage et une voix à ces « invisibles » qui n’ont la parole qu’une fois tous les 5 ans par le truchement d’un bout de papier, un bulletin de vote dont l’efficacité est de plus en plus évanescente.  Ce n’est pas une raison pour rester passif. Votez en votre âme et conscience, c’est peut-être l’élection de la dernière chance pour passer du trou noir de la dislocation au big bang de la résurrection  😉                 

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