La fabrique des inégalités

       C’est devenu désormais une classique: « La géographie de l’école » vient d’être rendue publique. Nous y apprenons que tous les territoires ne sont pas traités équitablement, ce qui génère, in fine, des disparités dans la réussite des élèves.

Écouter Patrick ici : La fabrique des inégalités

      C’est un constat sur l’école que personne ne peut ignorer. Tous les observateurs du système éducatif, toutes les évaluations tant nationales qu’internationales ne cessent de le répéter : l’école française est inégalitaire et le fossé ne cesse de se creuser entre une élite aux résultats toujours en progression et des enfants socialement défavorisés toujours plus nombreux à subir l’échec scolaire.

Les politiques s’emparent de ce fléau et proposent leurs solutions. Aux citoyens désormais de choisir en fonction de leur orientation politique et de leur expérience de l’école.

Pourtant, nous savons bien ce qu’il faudrait mettre en oeuvre rapidement : une mixité des niveaux scolaires et des milieux sociaux. Mais, la ségrégation ne cesse d’augmenter surtout dans les zones urbaines. A Paris  par exemple, elle  atteint des niveaux inacceptables, certains collèges ne comptent quasiment aucun élève défavorisé quand d’autres en accueillent plus de 60%.

Notre école peut donner parfois le sentiment qu’elle fonctionne en dépit du bon sens. Ainsi, les jeunes professeurs sans expérience sont affectés souvent dans des territoires qui cumulent toutes les difficultés, ce qui fragilise la constitution d’équipes pédagogiques pérennes dont la  stabilité est pourtant reconnue comme facteur de réussite. Dans certains collèges situés en éducation prioritaire, 50 à 60% des professeurs demandent à muter chaque année. Et combien de contractuels non formés pour combler les places vacantes?

A ces constats, ajoutons la pénibilité d’un métier qui a profondément changé en quelques décennies. La gestion de la classe est chronophage et se fait souvent au détriment de l’enseignement. Problèmes de discipline, mais aussi d’exclusions, absences d’élèves et d’enseignants pèsent sur les emplois du temps.

Au final, 30 années de politique d’éducation prioritaire n’ont pas permis de réduire significativement les inégalités.

Bien sûr, des réformes ont été conduites sous ce quinquennat au nom de la justice sociale mais la tendance ne s’inversera pas du jour au lendemain.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *