Etudiants livrés au marché de l’anxiété

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Le monde étudiant est morose, l’Etat se désinvestit en effet de l’université à mesure que ses effectifs augmentent. En six ans, 280 000 étudiants supplémentaires ont été recensés alors que, dans le même temps, 7147 postes d’enseignants ont été supprimés. C’est dans ce contexte que la loi relative à l‘Orientation et à la réussite étudiante intervient.

Fondé sur deux volets, sélection à l’université et réforme du baccalauréat et du lycée, ce texte sonne le glas des politiques de démocratisation d’accès à l’enseignement supérieur menées depuis les années 1960 dans le but d’élargir le nombre de salariés qualifiés.

La réforme promeut une conception « tubulaire » de l’orientation qui relie directement la classe de seconde au marché du travail.dans une suite ininterrompue d’épreuves et de choix d’orientation rationnels. Ainsi, avec le futur lycée, un élève souhaitant entrer à l’université devra, dès la seconde, s’assurer que les « disciplines de spécialité » et les modules choisis correspondent bien aux critères de sélection de l’établissement qu’il souhaite intégrer. Ce qui suppose d’avoir à 16 ans, une idée claire et précise de l’offre de formation disponible mais aussi d’être certain de ses choix. Au risque de se retrouver dans une mauvaise voie. Ce qui est grave, c’est que la loi fait reposer sur l’élève la responsabilité de sa réussite ou de son échec. Vous l’avez compris, pour les bacheliers et leurs familles, cette réforme organise les conditions d’un marché de l’anxiété avec des conséquences collatérales sur les personnels qui se voient désormais chargés de nouvelles missions: tri, sélection des dossiers pour les professeurs d’université, les enseignants du secondaire devant émettre un avis sur les projets présentés par leurs élèves avec, en arrière-plan; le risque d’accroître les inégalités entre établissements.

L’articulation entre le second degré et le supérieur est bouleversé en un temps record. Le « Plan étudiant » est, en quelque sorte, le laboratoire des réformes à venir dans la fonction publique.

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