Du divertissement à l’abrutissement !

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Beaucoup de jeunes rêvent de participer à des émissions de télé-réalité, admirent telle ou telle « star » issue de ce genre de séquence.

Ce type de programme ne doit plus être envisagé comme un simple divertissement mais comme un phénomène de société véhiculant des croyances normatives puissantes.Des conduites très particulières y sont ainsi valorisées: désir de célébrité, individualisme, compétition, renoncement à toute forme d’intimité.

Il faut être meilleur que l’autre et, dans cet environnement de concurrence poussé à l’extrême, tout le monde est jeune, se ressemble à s’y méprendre. Jamais personne ne lit, ne se cultive, jamais rien ne dépasse, ni par le physique, ni par les opinions ou le langage.

        Les candidats étalent  dotés d’un vocabulaire très pauvre, à peine 600 mots, contre 1000 dans une bande dessinée, 27 000 dans les manuels scolaires. Une étude menée par Alain LIEURY, chercheur en psychologie cognitive, démontre même que cette addiction aux émissions de télé-réalité provoque une baisse notable des performances scolaires.

Dans ces univers artificiels, crées de toutes pièces qui n’est pas la réalité, les hommes sont incultes, insensibles, infidèles, débrouillards et comiques. Les femmes présentées comme incultes, intrusives, bavardes et soumises.

La télé-réalité embrouille les esprits de celles et de ceux qui subissent déjà les affres des inégalités sociales et scolaires. Elle est cette abominable brute qui détecte la faiblesse d’autrui, s’en nourrit et s’en amuse. Pire, chez celles et ceux qui n’ont pas de repères ni d’accès à la culture, elle instille des normes sociales misogynes, superficielles, individualistes qui demandent ensuite tant d’efforts pour être déconstruites. Au nom de quel principe devrions-nous laisser les plus faibles être les proies de producteurs d’abrutissement?

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