Les abominables tueries et la dérive de nos sociétés.

Billet d’humeur, 7 Avril 2012.

            Les  effroyables tueris qui ont endeuillé Toulouse et Montauban nous incitent à la réflexion. L’immense mutation sociale que vous vivons souligne la perte de limite et d’autorité, et favorise l’apparition de certains troubles psychiques qui sont davantage dans le registre du passage à l’acte, la maladie de l’individu révèle celle de la société, c’est la raison pour laquelle il faut en tenir compte pour remonter à la racine du mal et préserver nos enfants. Ces jeunes  » convertis  » ont souvent des personnalités antisociales auparavant investies dans la délinquance. On leur propose de vivre une transformation « morale » en « confessionnalisant » leur haine tout en restant dans le passage à l’acte. La dépression est rarement évoquée au sujet des kamikazes. Pourtant, quelle meilleure proie qu’un dépressif, menacé dans son humanité, pour des manipulateurs qui se tiennent eux, prudemment et cyniquement éloignés de la mort, en amenant les autres à tout perdre !

          Ces prédicateurs les cannibalisent, les vident du peu de vitalité qui leur reste pour en faire des terroristes, c’est à dire des personnes qui ont perdu toute humanité.

           Et ce phénomène prospère dans un monde en crise, devenu village grâce aux multimédia omniprésents, surtout dans un contexte d’oisiveté. L’accès aux informations vraies ou dénaturées y est sans limites, parfois jugé juqu’à l’addiction.

           Depuis les années 1970, l’humanité vit en sursis dans une consommation illimitée. Devenue insupportable sur le plan énergétique et environnemental, elle a conduit partout à la fragilisation des facultés intellectuelles et morales, parfois jusqu’à leur destruction. Cette destruction justement engendre une immense souffrance qui peut rendre fou et qui est souvent exploitée par ceux qui savent la manipuler pour renforcer les tendances pulsionnelles brutes, que les organisations sociales ne savent plus détourner de leur but pour les transformer en investissement. Seule l’éducation permet d’inverser le signe de la pulsion automatique en la canalisant et l’orientant dans les relations sociales.

         Nos automatismes dissimulés dans les couches profondes de nos cerveaux peuvent toujours être détournés de leurs objectifs. De destructeurs, ils peuvent devenir protecteurs de ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue et n’est pas inhumaine !

Nous sommes toujours en état de choc, un choc terrible qui a heurté le monde entier et qui doit nous faire honte. Le sommeil et la raison engendrent des monstres, c’est encore plus vrai dans le monde contemporain.

            A nous d’être vigilants, de parier encore et toujours sur l’éducation, seule capable de tenir à distance cet  » ennemi intime « qui habite incognito chaque être humain et chacun d’entre nous …

 

 

 

 

 

 

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