Europe, attention aux dérives !

Le billet d’humeur de patrick : à propos de l’Europe et ses dérives …

  Il faut bien le reconnaître, la zone euro demeure très fragile, minée de l’intérieur par la domination de l’Allemagne et sans parler des carcans budgétaires qui ont conduit à la mise en place de politiques d’austérité. Le rejet de l’union européenne est général !        D’abord parce que les peuples se sentent méprisés par une caste de bureaucrates qui font la pluie et le beau temps, ensuite parce que le parlement européen est une chambre d’enregistrement qui tourne à vide. Avec l’élargissement à marche forcée, la vieille Europe s’est transformée en zone de guerre ouverte contre les pauvres, en raison même de l’absence d’harmonisation sociale et fiscale.
Qu’attend-on pour arrêter cette fuite en avant, pour tirer les leçons des échecs d’hier et des désillusions d’aujourd’hui ? Quand comprendra-t-on que cette intégration imposée nourrit à la fois les replis nationalistes, les rancoeurs xénophobes et les fractures civiques ? Jusqu’à preuve du contraire, un peuple se définit par un passé, une culture, une histoire, une langue, un destin, un ensemble de valeurs et une volonté commune. Bien sûr, les peuples européens sont aptes à coopérer, à travailler de concert mais à partir de leurs nations et de leurs états respectifs. Pourquoi donc vouloir instaurer une souveraineté supérieure au sein de laquelle ils perdent leurs prérogatives. Il est donc présomptueux de prédire la naissance imminente d’un «citoyen européen »  au sens plein et entier du terme. Cette notion vise surtout à enlever un peu plus de droits à des citoyens qui en étaient déjà privés dans leur pays respectifs. Ainsi, faute de construire l’Europe des peuples, on a bâti l’Europe contre les peuples en instaurant le pouvoir conjoint des technocrates et des eurocrates. Au fil des ans et des traités, les rêves d’une Europe des nations ont été balayés au profit d’une intégration à la hussarde destinée à faire place nette aux multinationales tout en réduisant les peuples au rôle de spectateurs passifs.  L’hymne au marché et au principe de concurrence libre et non faussée sont devenus les piliers d’une Europe dotée d’institutions non démocratiques, qui jouent le rôle de gardien du temple hors de tout contrôle populaire, exonérés de la validation du suffrage universel. Aller encore plus loin dans cette voie, c’est faire un cadeau en or à tous ceux qui rêvent de voir l’union européenne exploser en vol. Au final, l’Europe a deux ennemis : ceux qui ne l’aiment pas et ceux qui l’aiment mal !

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