Deuils de nos vies

03/11/2012              DEUILS DE NOS VIES

     Deux choses sont proprement immenses dans la vie : la naissance et la mort. Il est immense de voir la vie apparaître. Il est immense de la voir disparaître. Nous nous rendons compte de l’existence de quelqu’un en le voyant apparaître. Nous nous rendons compte également de son existence quand il disparaît. l’un n’allant pas sans l’autre. Il faut que quelqu’un apparaisse pour que nous nous rendions compte également de son existence. Il faut aussi qu’il disparaisse … Signe que la conscience de l’existence a autant besoin d’apparition que de disparition !

D’où le sens de la mort comme expérience … Quand nous mourons, nous entrons dans l’immense en y faisant entrer les autres. Quand nous regardons mourir, nous entrons également  dans l’immense en suivant celui qui y entre. En fait, que nous soyons vivants ou morts, nous sommes visités par la même expérience ; nous rencontrons tous l’immense !!

Aussi, la mort n’est-elle pas la mort mais une naissance. Une naissance  au ciel de l’immense, à travers la nuit de nos arrachements humains !

Nous nous en rendons compte quand nous nous apercevons que le départ d’un être cher ne nous a pas laissé indemnes. Portant la gravité d’un tel départ dans nos coeurs, nous sommes plus graves, plus réels, plus humains ! ...

Les hommes sont angoissés par la mort, aussi ont-il tendance à se ruer sur la vie, à s’accrocher à elle, à vouloir la posséder, la retenir !

D’où un déchaînement de  divertissements mêlés de violence …. Tant il n’est pas neutre de se divertir coûte que coûte, pour échapper à l’angoisse de la mort … Ainsi l’individu passionné qui veut vivre à mort, en satisfaisant toutes ses pulsions, sème la mort autour de lui. La mort est une naissance. Ne passons-nous pas par plusieurs morts au cours de notre vie afin de vivre ?

      Regardons la vie . Elle est à l’évidence marquée par une loi, celle du passage obligé qui se décompose en deux branches : l’obligation et le passage. Nous sommes amenés au cours de notre existence à passer par sept stades : la conception, la naissance, l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte, la vieillesse et la mort. Si ces moments sont obligatoires, aucun n’est définitif puisque chacun est suivi par un autre moment. Nous ne vivons pas si nous ne passons pas par de tels moments. Nous ne vivons pas non plus si nous nous attardons …

En ce sens, nous avons tous au moins sept vies et sept morts.

C’est en faisant de chaque âge de la vie une leçon de sagesse que nous traversons la vie en ayant la force de vivre et en transmettant cette force;

Nous nous inquiétons au sujet de la mort en faisant d’elle un évènement intérieur. Au lieu de la subir de l’extérieur, nous découvrons les clés permettant de franchir ses portes;

Alors rendons grâce, à chaque instant, de ce bien précieux qui est la VIE !!

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